Pour cette quatrième édition de Ciné’thique, l’Espace régional de réflexion éthique Occitanie (EREO) propose un nouveau volet cinéma, suivi de son débat, au cinéma le Sémaphore (25 rue de Porte de France, 30900 Nîmes le 11 avril à 20 h une projection du film L’ordre des médecins de David Roux

Né d’un partenariat avec le Comité d’éthique du CHUN et l’Université de Nîmes (UNIMES), « Ciné’thique » a pour vocation d’ouvrir le débat sur des sujets de société dans les domaines de la santé et du droit. (Formulaire d’inscription en bas de page)

L’Ordre des médecins est un film réalisé par David Roux avec Jérémie Renier, Marthe Keller. (janvier 2019)

Un pneumologue reconnu perd pied quand sa mère est admise pour une récidive de cancer dans l’hôpital où il exerce. Lui, d’ordinaire si maître de ses émotions, , se retrouve en proie au besoin viscéral de tout faire pour sauver un être aimé. Quitte à violer les lois de son ordre ?

Dans la reconstitution du quotidien d’une équipe médicale à l’hôpital comme dans la transmission d’émotions intimes, la mise en scène est d’une impressionnante justesse. De sorte qu’on passe avec fluidité, sans même s’en rendre compte, d’un film hospitalier à une histoire de famille.

Entouré de seconds rôles forts, de la sœur (Maud Wyler) à l’interne (Zita Hanrot), en passant par la mère (Marthe Keller), Jérémie Renier trouve là l’un de ses plus beaux rôles. Ni héros ni salaud : juste un fils.

Il serait fâcheux de bouder L’Ordre des médecins, le premier long-métrage de David Roux, sous prétexte qu’il nous envoie une énième fois à l’hôpital, milieu abondamment mis en scène dans les fictions. Et tout récemment encore par Thomas Lilti, avec Première année (sorti en septembre 2018), puis Hippocrate, l’adaptation en série de son film homonyme (2014), diffusée en novembre 2018 sur Canal+.

Pour autant, L’Ordre des médecins apporte sa touche personnelle et intime à ce territoire où la fragilité des patients demeure suspendue au diagnostic du médecin, et la solidité de ce dernier à sa capacité de garder la bonne distance. De part et d’autre, la frontière est ténue entre ce qui encourage à tenir et ce qui fait s’écrouler. C’est cette faille qu’explore avec une justesse troublante et une parfaite mesure le film, largement autobiographique, de David Roux.

Fils et frère de praticien, le réalisateur, 41 ans, sait de quoi il parle. Dès l’enfance, l’hôpital, où exerçaient ses parents, lui a été un lieu familier. Il a toujours pensé qu’il lui en inspirerait un film mais il lui a fallu longtemps avant de passer à l’acte. La mort de sa mère, survenue en 2014, après des mois d’hospitalisation, l’y a enfin décidé. Le drame est au cœur de L’Ordre des médecins, qui soumet son personnage principal, Simon (Jérémie Renier), à une épreuve douloureuse dont l’expérience inédite brouille ses repères et renverse ses certitudes professionnelles.

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