Jeudi 6 décembre 2018 18h30
Amphithéâtre Rondelet, nouvelle faculté de médecine
Face station tram et parking Occitanie

 

LE TRI MEDICAL

Quels repères éthiques ?

 Au-delà du domaine des catastrophes humanitaires, le tri médical se pratique, de manière courante et assumée, dans les services d’urgence, en réanimation, en chirurgie cardiaque comme en oncologie ou dans les cabinets de médecine générale. Il s’inscrit dans une routine obéissant avant tout à des techniques, des logiques et des normes cliniques de régulation.

Les protocoles de décision se veulent rationnels mais font inévitablement appel à une évaluation subjective d’ordre à la fois clinique, moral, social et émotionnel.

Le tri médical implique des processus de classement, de priorisation, de sélection ou d’exclusion en fonction de nécessités que les équipes soignantes estiment plus ou moins impérieuses. Que ce soit en matière de réanimation, de transplantation d’organes, de traitements innovants en cancérologie ou de chirurgie cardiaque, il consiste de fait à fixer une démarcation entre ceux qui doivent bénéficier d’un traitement immédiat et ceux qui peuvent attendre. Autrement dit, il procède d’une appréciation de la valeur relative des vies, selon des critères oscillant entre le souci d’utilité et celui d’équité.

Face à la dimension dramatique que revêtent les pratiques de tri médical, il s’agira donc d’interroger les valeurs et les tensions éthiques en œuvre.

Sur quelle pondération de critères -variables selon les représentations individuelles et socioculturelles- les décisions de tri s’appuient-elles ?

Le devoir de sauver doit-il s’appliquer en priorité à ceux qui en ont le plus besoin sur le plan médical ? A ceux dont le pronostic de survie est le plus favorable ? 

Comment éviter les discriminations tout en garantissant une optimisation de ressources parfois rares ?

Quelle pression émotionnelle peut exercer l’attitude du patient et l’interaction avec le clinicien ?

Les nécessités qui dictent les décisions de tri médical prêtent-elles parfois à contester la hiérarchisation qu’elles induisent ?