Mardi 30 janvier 2018 à 18h

Salle des actes, faculté de Médecine

2 rue de l’Ecole de Médecine, Montpellier

Visuel quels risques...

Après avoir enseigné la philosophie 20 ans en lycée, Alain Guyard quitte l’éducation nationale pour devenir « philosophe forain », avec la volonté de faire sortir la philosophie du carcan académique. Il dispense des cours de philo en prison, dans des centres sociaux, des maisons du peuple, en plein champ, ou en hôpital psychiatrique via son association Diogène Consultants. Son but est de « ramener la philosophie à sa dimension charnelle, dérangeante, remuante, faisant irruption là où on ne l’attend pas, causant à tous les hommes, même aux humbles sans grade et sans diplôme. Surtout à eux ».

Le principe de précaution est devenu omniprésent jusqu’à faire l’objet d’un usage quasi-incantatoire dans toutes les sphères de la vie sociale. Il répond à une recherche perpétuelle de sécurisation, de neutralisation du risque par des garanties préventives. Particulièrement dans le domaine médical.

Les individus se fient à l’organisation technico-scientifique du soin pour assurer la sécurité. La confiance est aussi partie intégrante de la relation thérapeutique, même si les changements sociétaux l’ont rendue plus relative.

Mais une demande d’escamotage total du risque est impossible à satisfaire : face aux éléments d’indétermination incompressibles, le doute surgit, la sécurité vacille.

Les soignants ont une appréciation subjective du risque qui n’est pas une donnée tangible. De même, l’idée que chacun d’eux se fait de sa responsabilité est variable. Dans ce contexte flou, le premier risque pour une personne vulnérable ne consiste-t-il pas à être soumise à l’arbitraire du jugement de son entourage, soignants et proches ?

La recherche d’évitement des risques identifiés comme tels par les professionnels de santé est-elle parfois susceptible de conduire à un immobilisme, une abstention, voire même à une aliénation de la personne que l’on veut protéger ?